Patek Philippe occupe une place de choix dans la hiérarchie horlogère imaginaire des amateurs de montres. La richesse du passé de l’entreprise, les prix très élevés des montres Patek Philippe anciennes, et la forte spéculation sur certains modèles actuels, sont les composés essentiels d’une belle légende, idéalisée, et facile à transmettre dans les médias plus ou moins sponsorisés.
On reconnait à Philippe Stern une vision stratégique du retour de la montre mécanique avec le lancement du modèle Nautilus [1], de la construction de calibre 89, la montre « portable » la plus compliquée du monde à cette époque, et de la création du musée Patek Philippe à Genève [2].
Pourtant, avec un peu de recul, aucun de ces symboles ne parait avoir un aspect prémonitoire, ni se révéler être une « première » dans le milieu horloger des années 1970 et 1980.
Essayons de remettre dans son contexte chacun des évènements, et de montrer que Patek Philippe suivait en fait un mouvement de fond qui avait déjà commencé depuis plusieurs années.
La montre « électronique » a commencé avec la montre « électrique » des années 1950 (Hamilton en 1957 et Lip en 1958), puis a continué avec la montre à diapason (Bulova en 1960, Ébauches SA en 1968), et a connu son apogée en 1969 avec le lancement des premières montres à quartz [3].
On l’oublie aujourd’hui mais Patek Philippe a été pionnier dans le domaine de l’horlogerie à quartz : dès 1952 la maison genevoise a présenté la première horloge à quartz sans aiguille [4].