La véritable histoire des montres Postala

La véritable histoire des montres Postala

Postala

Pas moins de 10 sociétés se sont succédées pour porter les couleurs de la marque Postala. Elle n’a finalement plus été utilisée après son transfert à la fabrique Telda à la fin des années 1950.

Description

Joël Pynson

Septembre 2025

1. La famille Chatelain

Léon Ducommun et Reynold Chatelain ont enregistré leur fabrique d’horlogerie Chatelain & Ducommun à Tramelan en 1893 [1]. Ils devaient avoir commencé leur activité un an auparavant puisque l’histoire officielle retient 1892 comme date de création. Mais dès l’année suivante, Reynold se retrouve seul et la société prend son nom [2].

En 1895, Reynold s’associe à Numa Chatelain. La société s’appelle désormais R. Chatelain & Cie [3]. La marque Postala est déposée la même année. La fabrique se spécialise dans la montre Roskopf, du nom de son créateur, montre économique simplifiée à ancre à goupilles, très demandée à cette époque.

1894

1895

En 1901 les deux associés se séparent et c’est Numa Chatelain qui poursuit l’activité de la marque Postala [4].

1902

En 1906, Numa Chatelain s’associe à Aurèle Voumard et Armand Choffat sous le nom Chatelain, Voumard & Co. [5]. En 1907, Armand Choffat est remplacé par Hermann Leppert et la société devient Voumard Leppert & Co. [6].

2. Voumard, Leppert & Cie

Même si la production de montres Roskopf continue, la manufacture se lance désormais dans la production de montres à ancre classique, avec des calibres d’excellente qualité, comme le prouve les bulletins de chronomètre obtenus à l’Observatoire de Neuchâtel.

Cette orientation sera très utile plus tard, lorsque le statut horloger instauré à la fin des années 1920 interdira aux fabricants de montres Roskopf de produire d’autres types de montres, sauf à prouver qu’ils en avaient déjà fait.

La marque Postala prenant de l’importance, en 1908 la société devient Postala Watch [7].

1907

1908

Nouveau changement en 1912 : la manufacture est reprise par Charles Jacot et Maurice Monnier sous le nom Postala Watch, Jacot & Monnier [8].

3. Postala Watch

La fabrication de montres Roskopf est progressivement abandonnée, au profit des belles montres de poche et des montres-bracelets dès 1915.

1913

1916

Comme beaucoup d’autres fabriques, Postala est en difficulté pendant la crise des années 1920. En 1929, elle est reprise par la société Gagnebin et Nicolet, fabrique d’horlogerie créée en 1911 par Armand Nicolet et Georges Gagnebin [9], et qui utilisait la marque Niga.

4. La famille Gagnebin de Tramelan

La société change alors de nom pour Gagnebin et Nicolet, Manufacture d’horlogerie Niga et Postala [10]. Mais en 1932, Armand Nicolet est remplacé par l’épouse de Georges, Adèle Gagnebin-Rossel, et la société change à nouveau de nom pour Gagnebin et Cie, Manufacture d’horlogerie Niga et Postala [11].

En 1941, Eric et William Gagnebin entrent au conseil d’administration et la société devient G. Gagnebin & Cie. SA [12]. Lorsque Georges Gagnebin décède en 1941, c’est sa veuve qui le remplace.

1947

1955

Mais c’est surtout la marque Niga qui est mise en avant, de sorte qu’en 1950 la société devient le Comptoir des Montres Niga SA [13].

En 1955, la société redevient G. Gagnebin & Cie [14], mais les marques Postala et Niga sont transmises à la société Les Fils d’Armand Nicolet, Fabrique des Montres Telda, qui ne semble pas les avoir utilisées.

La société G. Gagnebin & Cie. a cessé toute activité en 1967.

[1] FOSC 1893

[2] FOSC 1894

[3] FOSC 1895

[4] FOSC 1901

[5] FOSC 1906

[6] FOSC 1907

[7] FOSC 1908

[8] FOSC 1912

[9] FOSC 1911

[10] FOSC 1929

[11] FOSC 1932

[12] FOSC 1941

[13] FOSC 1950

[14] FOSC 1955

Le FOSC (Feuille Officielle Suisse du Commerce) est disponible sur E-periodica

Notes :

Concernant Time To Tell : Time To Tell dispose de l'une des plus grandes bases de données privées numérisées sur l'histoire de l'horlogerie suisse avec plus de 2,3 To de données sur plus de 1000 fabricants de montres suisses. Cette base a été construite sur une période d'une trentaine d'années et continue à être alimentée d'environ 50 à 100 Go de données chaque année. Cette base de données est constituée de documents anciens, en majorité des revues professionnelles suisses, allant de la fin du 19e siècle à la fin du 20e siècle. La plupart de ces documents ne sont pas disponibles sur l'Internet. Les articles historiques publiés sur le site time2tell.com citent toujours les sources utilisées.

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