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La véritable histoire des montres Sandoz of Switzerland

La véritable histoire des montres Sandoz of Switzerland

Sandoz

Le patronyme Sandoz est très courant en Suisse, et de nombreux « Sandoz » ont été horlogers. Les montres Sandoz de cet article sont liées à Henri Sandoz-Robert qui a commencé son activité aux Ponts-de-Martel en 1898.

Description

Joël Pynson

Août 2025

1. La famille Sandoz du Locle

Henri-Louis Sandoz-Robert, originaire du Locle, a créé sa fabrique d’horlogerie aux Ponts-de-Martel en 1898 [1]. En 1901, il s’installe à La Chaux-de-Fonds [2]. Il se spécialise dans les belles montres à complications.

1902

En 1919, Henri-Louis créé une nouvelle société à Peseux, près de Neuchâtel, avec ses deux fils Hermann-Henri et Alfred-Henri, et reprend l’activité de la société A. Lessueur-Beer [3]. Cette ancienne fabrique d’horlogerie avait été créée en 1870 à Bienne par Friedrich Beer-Gruring, puis reprise en 1908 par Albert Lessueur-Beer [4]. Elle utilisait plusieurs marques, dont Odin et Donar.

La nouvelle société prend le nom Henri Sandoz et Fils, successeurs de A. Lassueur-Beer [3].

1920

La marque Sandoz est déposée en 1922.

En 1925, l’entreprise déménage à La Chaux-de-Fonds. Henri-Louis est désormais associé avec son fils Hermann-Henri sous le nom Henry Sandoz et Fils [5]. Le changement d’orthographe de « Henri » pour « Henry » était probablement lié à la renommée d’une autre société Henri Sandoz Fils à La Chaux-de-Fonds, fournisseur réputé de fournitures d’horlogerie. Le « y » permettait peut-être de limiter le risque de confusion.

Ce ne sont plus les montres compliquées qui sont la spécialité de la fabrique, mais les montres-bracelets, et dès le début des années 1930 Sandoz propose des montres automatiques.

1933

La marque Crusader a été brièvement utilisée à la fin des années 1930.

1939

Un nouveau logo Sandoz est déposé en 1946, et c’est sous cette marque que l’entreprise va désormais commercialiser ses montres.

En 1951, Henry-Louis Sandoz se retire de la société, et le fils d’Hermann-Henry, Charles-Henri, entre au conseil d’administration [6].

Un autre personnage est également entré dans la société : André-René Bezzola. Il va diriger la fabrication des montres et il va jouer un rôle déterminant dans les années suivantes.

La nouvelle équipe va donner un nouvel élan à l’entreprise avec deux objectifs : explorer les marchés internationaux, en particulier en Asie, et se spécialiser dans la montre plate et étanche. Pour cela Charles-Henri va sillonner le monde, et Sandoz va développer ses propres calibres à remontage manuel, très minces malgré la présence d’une seconde au centre. C’est la série des calibres HSF 51, 55 et 56, permettant par exemple en 1954 d’avoir une montre étanche de moins de 7 mm d’épaisseur [7].

1954

1954

1954

Le calibre 56 existait avec date et pouvait être livrés avec attestation de chronomètre par un Bureau Officiel.

1955

1956

À partir de 1955, Sandoz a utilisé le terme Sandoz of Switzerland dans ses publicités.

En 1956, Sandoz a commercialisé une montre appelée Polemaster dont la boîte pouvait pivoter pour afficher une boussole située de l’autre côté. La promotion de cette montre a été très brève : elle existait en effet sous d’autres marques, dont Ductor, marque déposée par Roger Uebelahart en 1955 et qui semble être à l’origine de cette montre, mais aussi Mildia, Orano ou Opera.

1956

1956

Plus tard, en 1969, la marque Polemaster sera réutilisé pour une simple montre automatique.

1969

Les montres Sandoz avec la date peuvent porter la marque « datum » ou « date », et à partir de 1958 on peut voir la marque Slim Line pour les montres plates.

1957

1958

En 1959, Sandoz a lancé son modèle 333, automatique, équipé du remarquable calibre Fontainemelon 65 Fontomatic. Ce calibre a comme particularité d’avoir une masse rotative à la périphérie du mouvement qui se déplace sur des rails dotés de roulements à billes. Le fait de reporter la masse oscillante en périphérie du mouvement permettait de gagner 1, 10 mm sur l’épaisseur totale de la montre.

Ce calibre est assez rare et n’a été utilisé que par un petit nombre de fabricants suisses.

1959

1960

En 1960, Hermann-Henry Sandoz se retire de la société et la confie à André-René Bezzola et Eric Kocher. Dès 1961, la société prend le nom H. Sandoz et Cie, Bezzola et Kocher Successeurs [8].

2. Sandoz of Switzerland

Bezzola et Kocher vont profondément moderniser la fabrique Sandoz.

D’une part en augmentant les capacités de production grâce à un deuxième site à Moudon, et en introduisant progressivement l’automatisation dans la fabrication. André Bezzola et Eric Kocher par exemple, créent en 1961, avec André Schwarz, la société Automatisation Horlogère SA à La Chaux-de-Fonds [8].

En 1967, Sandoz fabrique 1 million de montres par an.

1961

1967

D’autre part en élargissant les gammes : montres sportives, chronographes et surtout montres de plongée, et nouvelles montres automatiques, désormais sur base Ébauches SA.

1966

1966

1966

1967

3. Waltham

Avec la fin du statut horloger au début des années 1960, des sociétés étrangères pouvaient désormais racheter des fabricants d’horlogerie Suisses. Ce sont d’abord les américains qui en ont profité car ils étaient déjà actifs en Suisse : Gruen fabriquait ses mouvements à Bienne depuis 1903, Bulova avait une succursale à Bienne depuis 1921, Benrus avait une succursale à La Chaux-de-Fonds depuis 1927, Hamilton avait installé une filiale à Bienne en 1957, et Elgin avait fait de même à Neuchâtel en 1959 [9].

1955

Mais il y eut quand même un contre-exemple à l’appétit américain pour les montres suisses : Waltham. Cette vénérable société américaine, créée en 1850 dans le Massachusetts et pionnière de la fabrication mécanisée de montres, a créé en 1956 Waltham SA à Lausanne pour y produire des montres suisses. Elle a ensuite transféré son siège à Genève, ouvert une usine à Neuchâtel et prit le nom de Waltham International en 1963.

À la surprise générale, Waltham est rachetée en 1968 par 3 fabricants d’horlogerie suisses : Avia, Invicta et Sandoz [10]. André Bezzola entre au conseil d’administration.

L’usine, elle, est reprise par Voumard.

4. Sandoz et la Société des Garde-Temps

Un vaste mouvement de concentrations d’entreprises horlogères a eu lieu en Suisse dans les années 1960 [11]. Il était lié à la fin du statut horloger, instauré pendant la période de crise des années 1920-1930, qui réglementait l’industrie horlogère, en soumettant par exemple à autorisation les créations d’entreprises ou leur rachat.

La Société des Garde-Temps (SGT) a été créée le 20 septembre 1968 à Neuchâtel pour associer dans la même holding 6 établisseurs suisses : Degoumois & Cie, Fleurier Watch, Helvétia, William Mathez, Silvana et Eugène Vuilleumier [12]. Cette création s’est faite sous l’impulsion de Jean-Victor Degoumois qui est impliqué dans l’ensemble des sociétés de la holding.

Solvil & Titus intègre la holding SGT dès 1969 [13], et en 1970 deux autres entreprises les rejoignent : Invicta SA et la Compagnie des montres Sandoz SA [14]. Cette intégration comporte également la célèbre société américaine Waltham Watch Co. qui était détenue par Invicta, Avia et Sandoz.

A cette occasion la société Sandoz a en effet changé de nom : en 1970, elle est devenue Compagnie des Montres Sandoz SA [14].

SGT est un groupe majeur : en 1970 il représente 10% des exportations de montres suisses, soit 3,8 millions de montres, et c’est le 3e groupe horloger suisse, derrière l’ASUAG et la SSIH [15].

Sandoz poursuit sa progression, avec des innovations techniques comme un système de bague contre les chocs placée autour du mouvement et appelé Oltrashock, et un renouvellement de ses gammes : nouvelles montres automatiques et nouvelles montres de plongée.

Bague Oltrashock

1971

1972

1973

Mais dès 1974 une rationalisation du groupe SGT est nécessaire : la fabrique Silvana est intégrée à Helvétia, et Solvil & Titus absorbe E. Vuilleumier et W. Mathez.

1976

1974

L’ensemble des fabriques du groupe font des efforts notoires pour développer des montres à quartz, LCD et analogiques, avec des prototypes présentés dès 1972, mais la chute brutale des prix des montres à quartz américaines et la dévaluation du franc Suisse vont porter un coup fatal à SGT comme à beaucoup d’autres fabriques suisses.

En 1978 les montres Silvana et Avia sont absorbées par SGT, et l’année d’après c’est la fin des montres Invicta, Sandoz et Fleurier. Seules trois marques se répartissent les gammes de montres : Helvetia pour les montres haut de gamme, Sandoz pour les montres mode, et Tell pour les montres économiques.

Mais SGT fait finalement faillite en 1981 [16]. Sandoz est brièvement reprise par Ogival à La Chaux-de-Fonds, mais Ogival fait aussi faillite en 1982. La marque Sandoz est mise en sommeil.

Récemment, la marque Sandoz a été relancée par le groupe espagnol Munreco, également propriétaire des marques Viceroy et Mark Maddox :https://www.sandoz.es/en

Un article sur les principaux modèles de montres Sandoz se trouve ici.

[1] FOSC 1898

[2] FOSC 1901

[3] FOSC 1919

[4] FOSC 1883 et 1908

[5] FOSC 1925

[6] FOSC 1951

[7] Revue Internationale d’Horlogerie, 1954, 12, p. 55

[8] FOSC 1961

[9] Pour plus d’informations, voir Joël Pynson, La Montre-bracelet Suisse, Éditions Time To Tell, 2024, p. 264-266

[10] La Suisse Horlogère, Édition hebdomadaire, 1970, p. 1687

[11] Pour plus d’informations sur les concentrations horlogères des années 1960 en Suisse, voir Joël Pynson, La montre-bracelet Suisse, 2024, pp. 260-267

[12] FOSC 1968

[13] FOSC 1969

[14] FOSC 1970

[15] La Suisse Horlogère, édition hebdomadaire, 1970, 43, p. 1687

[16] FOSC 1981

Le FOSC (Feuille Officielle Suisse du Commerce) est disponible sur E-periodica

Notes :

Concernant Time To Tell : Time To Tell dispose de l'une des plus grandes bases de données privées numérisées sur l'histoire de l'horlogerie suisse avec plus de 2,5 To de données sur plus de 1000 fabricants de montres suisses. Cette base a été construite sur une période d'une trentaine d'années et continue à être alimentée d'environ 50 à 100 Go de données chaque année. Cette base de données est constituée de documents anciens, en majorité des revues professionnelles suisses, allant de la fin du 19e siècle à la fin du 20e siècle. La plupart de ces documents ne sont pas disponibles sur l'Internet. Les articles historiques publiés sur le site time2tell.com citent toujours les sources utilisées.

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