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La véritable histoire de Péry Watch Co. et des montres Sigma

La véritable histoire de Péry Watch Co. et des montres Sigma

Sigma

Les frères Dreyfus se sont installés à Bienne vers 1865, et on créé une succursale à Péry qui a donné son nom à l’entreprise. Mais c’est surtout la marque Sigma qui les a fait connaître avant sa fusion avec Milex-Elem et la disparition de l’entreprise lors de la « crise du quartz ».

Description

Joël Pynson

Septembre 2025

1. La famille Dreyfus

Venus de France, la famille Dreyfus s’est installée à Bienne vers 1865 pour se lancer dans l’horlogerie. Deux sociétés sont créées : Dreyfus Frères, par Adam et Abraham Dreyfus, et Dreyfus & Cie, par Israel Dreyfus [1].

L’entreprise change en 1899 et devient Dreyfus frères & Cie, avec Israel et Achille Dreyfus, associés à Naphtaly Grumbach [2].

1900

En 1902, la société ouvre une une succursale à Péry, sur les hauteurs de Bienne, en direction de Sonceboz. Il s’agit en fait du site de fabrication de l’entreprise, l’administratif se trouvant à Bienne.

De fait, en 1903 la société change de nom pour Péry Watch Co. [3]. On apprend à cette occasion que Péry Watch produit des petits calibres, de 11 à 13 lignes, et a l’exclusivité de fabrication de la montre hermétique système Köhli pour les montres de dame.

1903

1910

La marque Sigma commence à être utilisée, bien qu’elle ait été déposée en 1900, non pas par Péry Watch, mais par R. Frey & Fils, un autre fabricant de Bienne. La situation se clarifie en 1905 lorsque Léopold et Achille Dreyfus s’associent à Emile Frey pour créer la Fabrique d’Horlogerie de Péry, avec succursale à Madretsch où se trouvait la société R. Frey & Fils [5].

Mais en parallèle, en 1907, Israel, Léopold et Achille Dreyfus, toujours associés à Naphtaly Grumbach, créent la société Dreyfus frères & Cie à Bienne [5], et conservent la marque Sigma.

La production s’oriente désormais vers la montre-bracelet, pour dame et pour homme.

1912

1917

Après le décès d’Israel en 1919, puis celui de Léopold en 1927, la société devient Dreyfus & Co. Fabrique d’horlogerie de Péry [6].

Pendant les années de crise 1920-1930 la fabrique se démarque par sa créativité : montre Baton Rouge avec rouge à lèvres associé, montre de type herméto Sigma Sport, montre incorporé dans un stylo, montre au boîtier en cristal, etc.

1921

1931

1929

1937

1936

1938

Après le décès d’Achille Dreyfus en 1941, c’est son beau-frère, Lucien Lévy, à Bienne, qui prend la suite de la Fabrique d’Horlogerie de Péry et de Montres Sigma, sous le nom Lucien Lévy, Péry Watch et Montre Sigma [7].

2. La famille Lévy

La production devient dès lors celle d’un établisseur classique avec des modèles plus conventionnels, sur base Ébauches SA.

1945

1946

Lucien Lévy décède en 1952, et c’est alors Roger Lévy qui prend la suite sous le nom Roger Lévy & Cie, Péry Watch & Montre Sigma [8].

1953

1957

Avec la fin annoncée du statut horloger, qui protégeait l’industrie horlogère suisse depuis les années 1930, les fabricants suisses sont confrontés à la fin des années 1950 à une rude concurrence étrangère. C’est le début des concentrations d’entreprises dans l’objectif de mettre en commun les ressources et les compétences.

En 1959, Sigma rejoint la Compagnie des Fabricants des Montres ORBIT, qui est une centrale d’achat et de vente des fabricants Fulton, Milex-Elem, Achille Nicolet, Vinca et Lavina [9]. Mais rapidement des dissensions apparaissent : successivement Lavina, Achille Nicolet et Vinca quittent la société [10].

En 1970, Milex-Elem et Sigma fusionnent sous le nom Orbit SA [11]. Roger Lévy est président du conseil d’administration. Mais la société ne résiste pas à la « crise du quartz », et elle disparait en 1984 [12].

1995

A noter que la société Xen, créée en 1995 à Bienne, a relancé la marque Sigma, et a même pris le nom Sigma Watch en 2001. Mais elle a cessé d’exister en 2006 [13].

 

[1] FOSC 1883

[2] FOSC 1899

[3] FOSC 1903

[4] FOSC 1905

[5] FOSC 1907

[6] FOSC 1917 et 1927

[7] FOSC 1941

[8] FOSC 1952

[9] FOSC 1959

[10] FOSC 1960 et 1963

[11] FOSC 1970

[12] FOSC 1984

[13] FOSC 1995, 2001 et 2006

Le FOSC (Feuille Officielle Suisse du Commerce) est disponible sur E-periodica

Notes :

Concernant Time To Tell : Time To Tell dispose de l'une des plus grandes bases de données privées numérisées sur l'histoire de l'horlogerie suisse avec plus de 2,5 To de données sur plus de 1000 fabricants de montres suisses. Cette base a été construite sur une période d'une trentaine d'années et continue à être alimentée d'environ 50 à 100 Go de données chaque année. Cette base de données est constituée de documents anciens, en majorité des revues professionnelles suisses, allant de la fin du 19e siècle à la fin du 20e siècle. La plupart de ces documents ne sont pas disponibles sur l'Internet. Les articles historiques publiés sur le site time2tell.com citent toujours les sources utilisées.

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