La véritable histoire des montres Charles-Henri Meylan

La véritable histoire des montres Charles-Henri Meylan

Charles-Henri Meylan

Petite par la taille mais grande par la qualité de sa production, la fabrique C. H. Meylan Watch Co. a su perpétuer la tradition des belles montres de la Vallée de Joux, jusqu’à son rachat par Baume & Mercier en 1947.

Description

Joël Pynson

Avril 2025

1. Charles-Henri Meylan

Charles-Henri Meylan était un horloger exceptionnel. Né au Sentier, dans la Vallée de Joux, en 1842, il montra très vite un talent particulier pour l’horlogerie [1]. Il partit parfaire sa formation à Londres, chez Adolphe Nicole à qui l’on doit les premiers chronographes modernes, puis dans la Vallée de Joux où il apprit à maitriser les pièces compliquées, avant de partir pour les Etats-Unis en 1871.

Aux Etats-Unis il travaille avec Mathez & Co. à New York, et fournit les grandes maisons américaines, comme Tiffany, en belles montres de la Vallée. Il dépose aussi de nombreux brevets sur des perfectionnements du chronographe et des rattrapantes [2].

Il revient s’installer en Suisse, au Brassus, en 1888. Il poursuit la production de montres compliquées, principalement pour les Etats-Unis.

En 1904, il créé The C. H. Meylan Watch Co, au Brassus, société dans laquelle sont également associés des horlogers talentueux comme Jules-Henri Meylan, Léon Audemars, Henri et Albert Piguet, et le négociant Francis Massy [3].

Charles Henri Meylan décède en 1916, mais ses associés vont assurer la relève.

2. C. H. Meylan Watch Co.

En 1920, alors que la société est dirigée par les horlogers Jean Piguet et Léon Audemars, et pour la partie commerciale par Émile Sémon, une succursale est ouverte à Genève, rue du Mont-Blanc [4].

Il faut certainement y voir la volonté de vendre les montres sous le nom Meylan, et de moins dépendre de la vente aux autres maisons prestigieuses.

1921

1927

La production est destinée à une clientèle fortunée : montres en métaux précieux, montres compliquées, joaillerie, etc.

L’organisation de l’entreprise est typique de celle des petits fabricants de la Vallée de Joux [5]. Ici, pas de machines en lignes dans une forêt de poulies au plafond, ni d’ouvrières aux tâches répétitives. Chaque horloger s’occupe de son mouvement et le peaufine jusqu’à ce qu’il soit parfait, et que sa précision soit chronométrique.

1926

En 1928, Henri Piguet et Léon Audemars quittent l’entreprise. Jean Piguet et Émile Sémon la dirigent seuls [6]

Malgré la période difficile des années 1930, la Meylan Watch Co. poursuit la production de montres d’exception, ajoutant de superbes montres à heures sautantes à ses collections.

1932

1938

Émile Sémon décède en 1933. C’est alors la deuxième génération qui entre dans l’entreprise en la personne d’Adolphe Meylan, William Sémon et Albert Audemars [7].

Enfin en 1947, Baume & Mercier entre dans le capital de la société qui sera finalement absorbée en 1952 [8].

 

[1] Journal Suisse d’Horlogerie, 1916, 5 pp. 142-145

[2] Par exemple brevets US 151 899 et US 383 749. Charles-Henri Meylan ne pouvait pas encore déposer de brevet en Suisse, car le système des brevets n’a été introduit dans ce pays qu’en 1888.

[3] FOSC 1904

[4] FOSC 1920

[5] Revue Internationale de l’Horlogerie, 1926, 24, pp. 369-376

[6] FOSC 1928

[7] FOSC 1934

[8] FOSC 1947 et 1952

Les archives de la Fédération Horlogère, du Davoine et de l’Impartial sont disponibles en ligne sur www.doc.rero.ch

Les archives du Journal Suisse d’Horlogerie, d’Europa Star, de la Revue Internationale d’Horlogerie et de la Suisse Horlogère sont disponibles sur The Watch Library

Le FOSC (Feuille Officielle Suisse du Commerce) est disponible sur E-periodica

Notes :

Concernant Time To Tell : Time To Tell dispose de l'une des plus grandes bases de données privées numérisées sur l'histoire de l'horlogerie suisse avec plus de 2,3 To de données sur plus de 1000 fabricants de montres suisses. Cette base a été construite sur une période d'une trentaine d'années et continue à être alimentée d'environ 50 à 100 Go de données chaque année. Cette base de données est constituée de documents anciens, en majorité des revues professionnelles suisses, allant de la fin du 19e siècle à la fin du 20e siècle. La plupart de ces documents ne sont pas disponibles sur l'Internet. Les articles historiques publiés sur le site time2tell.com citent toujours les sources utilisées.

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