La véritable histoire des montres Lavina

La véritable histoire des montres Lavina

Lavina

Cette manufacture de Villeret a produit ses propres mouvements jusqu’à la fin de son existence dans les années 1960, et a même produit des chronomètres d’Observatoire.

Description

Joël Pynson

Août 2025

1. La famille Brack

D’après l’histoire officielle, Messieurs Brack et Tripet se sont associés en 1852 pour créer un comptoir d’horlogerie à Villeret [1].

Ce qui est sûr, c’est qu’en 1883, date de début des relevés de la Feuille Officielle du Commerce en Suisse, C’est Paul Brack fils qui dirige la fabrique qui porte son nom [2]. En 1903, il dépose la marque Lavina.

1900

En 1904, la fabrique commence la production de ses propres ébauches et change le nom de la société pour Fabrique Lavina [3].

Dès lors, Lavina est une manufacture et le restera jusqu’à la fin de son existence.

1908

1910

En 1916, deux industriels de La Chaux-de-Fonds reprennent l’entreprise. Il s’agit de Victor Dubois et d’Edouard Dubois Peseux [4].

2. Dubois Peseux & Cie

La société est renommée Dubois Peseux & Cie, Fabrique Lavina, succ. de Paul W. Brack. La production est orientée vers la montre de poche et la montre-bracelet de qualité, avec une attention particulière à la précision puisque la manufacture propose des chronomètres avec bulletin de marche. L’entreprise suit les progrès techniques de l’industrie horlogère suisse : montres étanches, antichocs, boîtes en acier inoxydable dès 1935.

1931

1935

1937

En 1937 la société devient Lavina SA et c’est Jeanne Dubois, veuve de Victor, et Maurice Bähler qui dirigent l’entreprise [5].

3. Lavina SA

La production de montres de qualité se poursuit avec des montres de précision rondes, rectangulaires ou carrées, mais simples, sans aucune complication.

1940

1947

1946

1946

1948

En 1950 Lavina a produit des montres automatiques mais il ne s’agissait probablement pas d’un mouvement manufacture : le calibre automatique Lavina sera lancé plus tard.

1950

L’année 1950 fut surtout celle du lancement du remarquable calibre 150 de 10,5 lignes (23,6 mm), à remontage manuel, qui a existé en version chronomètre, et de l’obtention de bulletins d’Observatoire à Neuchâtel grâce au calibre 105 de 13 lignes qui existait déjà depuis plusieurs années chez Lavina.

La performance était d’autant plus remarquable que le mouvement n’utilisait pas le classique spiral acier associé au fameux balancier Guillaume, utilisé par les régleurs pour les pièces d’Observatoire à cette époque, mais un spiral Nivarox et un balancier Glucydur, aux réglages bien plus limités [6].

1950

1952

C’est en 1957 que Lavina a lancé son premier calibre manufacture automatique, le 150A Vimatic, basé sur le calibre 150, agrandi à 11,5 lignes.

En 1958, Lavina rejoint la Compagnie des Fabricants des Montres ORBIT, qui est une centrale d’achat et de vente des fabricants Fulton, Milex-Elem, Achille Nicolet, Sigma, Vinca et Lavina [7].

Mais des dissensions semblent apparaître dans l’entreprise : en 1959 Jeanne Dubois et Werner Pfister, directeur technique, quittent la société qui va progressivement disparaitre. En 1961 les marque de Lavina sont transmises à Favre-Leuba, ce qui explique que l’on peut trouver des montres Favre-Leuba avec la double signature.

En 1963, Lavina est transformée en société immobilière. Quant à la Compagnie ORBIT, après le départ d’Achille Nicolet et Vinca, elle devient ORBIT SA en 1970 [8].

[1] La Suisse Horlogère, 1952, 2, p. 51

[2] FOSC 1883

[3] FOSC 1904

[4] FOSC 1916

[5] FOSC 1937

[6| Pour plus d’informations sur le sujet, voir Joël Pynson, La montre-bracelet Suisse, 2004, Éditions Time To Tell, p.102

[7] FOSC 1958

[8] FOSC 1963 et 1970

Le FOSC (Feuille Officielle Suisse du Commerce) est disponible sur E-periodica

Notes :

Concernant Time To Tell : Time To Tell dispose de l'une des plus grandes bases de données privées numérisées sur l'histoire de l'horlogerie suisse avec plus de 2,3 To de données sur plus de 1000 fabricants de montres suisses. Cette base a été construite sur une période d'une trentaine d'années et continue à être alimentée d'environ 50 à 100 Go de données chaque année. Cette base de données est constituée de documents anciens, en majorité des revues professionnelles suisses, allant de la fin du 19e siècle à la fin du 20e siècle. La plupart de ces documents ne sont pas disponibles sur l'Internet. Les articles historiques publiés sur le site time2tell.com citent toujours les sources utilisées.

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