Montres Mido : Multifort, Ocean Star et chronographes

Montres Mido : Multifort, Ocean Star et chronographes

Mido

Deux modèles majeurs ont fait la réputation de Mido : successivement le Multifort et l'Ocean Star. Entre les deux, les superbes chronographes Mido n'ont eu qu'une brève existence.

Description

Joël Pynson

Février 2025

1. Mido Multifort

1936

La Mido Multifort est historiquement la deuxième montre automatique étanche mise sur le marché, un an après la Rolex Oyster Perpetual sortie en 1933. Elle avait même un système antichoc dont était dépourvue la Rolex.

Elle comportait tous les perfectionnements techniques possibles à l'époque : antimagnétique (assortiment en bronze au béryllium, balancier glucidur et spiral Nivarox), antichoc, boîtes étanches (fabriquées par Taubert) et mouvement automatique. Pour le montrer, Mido avait conçu un présentoir original que les horlogers pouvaient installer dans leur vitrine : la montre y subissait l'effet d'un aimant, puis tombait sur un plateau métallique avant de tomber dans l'eau[16] !

Deux modèles étaient en fait disponibles à son lancement en 1934, un modèle « standard » et un « luxe », avec cadran marqué « Extra ». Les deux modèles existaient en version automatique ou à remontage manuel, et seul le « luxe » était disponible en versions en or.

1938

En 1936 des versions pour dame, de plus petite dimension et non automatique, furent proposées, ainsi qu'une version pour homme non automatique avec aiguille des secondes au centre.

1938

En 1938 la Multifort a augmenté de taille du fait de l'utilisation de nouveaux calibres de 12 lignes au lieu de 11, et l'année d'après Mido a proposé des Multifort en plaqué or et des modèles non automatiques carrés. C'est aussi en 1939 que Mido a baptisé « Superautomatic » son mouvement automatique, dérivé des calibres automatiques A. Schild avec masse oscillante à butées mais avec des améliorations maison.

À partir de 1939, Mido va fournir aux horlogers, comme Rolex, un appareil permettant de contrôler l'étanchéité des boîtes de montres jusqu'à une pression de 3 atmosphères, le Mido-Watertest B[17]. Des clés spécifiques et des potences sont également disponibles pour faciliter les révisions.

La Multifort va ensuite bénéficier des améliorations des calibres automatiques : rotor pour améliorer le remontage, et en 1954 le système Powerwind réduisant le nombre de mobiles de 16 à 7, par rapport aux calibres à masses oscillante à butées, pour simplifier le mouvement. Les dames ne sont pas oubliées, avec en 1955 le lancement d'un modèle automatique considéré comme le modèle automatique étanche le plus petit de l'époque. Aussi bien les modèles pour dames que pour hommes seront équipés de la date par guichet à 3h en 1957. Mais ce seront les derniers changements pour la Multifort du fait de l'arrivée du modèle Ocean Star.

2. Mido Ocean Star

Avec toujours pour objectif d'améliorer l'étanchéité de ses montres, Mido a lancé l'Ocean Star en 1959. Le boîtier est fait d'une seule pièce, il n'y a donc pas de fond vissé, et l'ouverture se fait par le haut. Lors des révisions, une clé spéciale permet d'enlever le verre et la lunette, la couronne restant en place. La même clé permet de remettre le verre. La montre est bien sûr munie d'un mouvement automatique Powerwind, et elle existait également avec date (Ocean Star Datometer).

Le design de l'Ocean Star était très novateur : cornes étroites, lunette très fine donnant toute l'importance au cadran, couronne invisible, noyée dans la lunette, et seulement 4 index minimalistes. Le guichet pour la date était particulièrement grand, ce qui rendait inutile l'utilisation d'une loupe sur le verre.

En 1963, Mido présenta une nouvelle version sans corne, le bracelet donnant l'impression de passer sous la montre. Il y avait aussi un modèle pour dame avec le même principe.

1966

En 1964 Mido proposa de nouvelles versions avec 11 index (le 12e manquant à cause du guichet de la date), et en 1966 des versions Day Date avec indication du jour et de la date. C'est aussi vers 1966 que Mido a lancé des versions chronomètre de l'Ocean Star, avec le terme « Chronometer » inscrit en relief sur le cadran.

En 1967, la version « Commander » était munie d'un bracelet métallique spécial.

1968

En 1968 une version « Electronic » est apparue, le cadran ne portant pas l'inscription Ocean Star. La montre était équipée du calibre électronique à balancier spiral, ESA 9154, fourni par Ébauches SA. L'année d'après, ce modèle fut muni d'index luminescents, d'une belle couleur bleue. A partir de 1970, Mido va proposer des versions luxueuses de son modèle Ocean Star en ajoutant des pierres semi-précieuses aux index. Il y en avait 5 différentes ; le grossulaire (vert), l'œil-de-tigre, le chrysoprase (bleu-vert), le lapis-lazuli (bleu) et la cornaline (rouge)[18]. Après le modèle Executive, l'Ocean Star fut muni de calibres « High-Beat » (36 000 A/h) en 1973. En 1974, l'Ocean Star fut équipé de mouvements quartz avec jour et date mais le design de la montre avait été modifié pour l'occasion et il avait perdu sa lunette discrète. L'année d'après, nouvelle modification de design avec des cadrans massifs, bicolores, très éloignés du modèle d'origine. Les mouvements, automatiques, avaient une fréquence de 28 800 A/h. Une nouvelle gamme lancée en 1979 arborait des designs très conventionnels avec calibres quartz ou automatiques.

1982

Enfin, avec l'accord du n°1 mondial du tennis de l'époque, Björn Borg, Mido a lancé le modèle Ocean Star N°1, en acier et carrure en plaqué, verre saphir, le fermoir du bracelet portant la signature du célèbre champion. Ce sera la dernière version avant l'intégration de Mido à la SMH et au Swatch Group.

3. Les chronographes Mido

1937

C'est toujours le souci de l'étanchéité qui a amené Mido à travailler sur son premier chronographe en 1937. Le Multichrono fut en effet parmi les premiers à être en acier inoxydable et à avoir des poussoirs ronds permettant de concevoir plus facilement des joints étanches. De très nombreuses variantes de cadrans étaient disponibles avec différentes échelles, tachymétriques, pulsométriques, etc.

Le calibre utilisé provenait de la manufacture Minerva. C'est assez surprenant car Ébauches SA proposait déjà des calibres Vénus et Landeron, mais Mido, bien que n'étant pas officiellement une manufacture, est toujours resté assez indépendant d'Ébauches SA, l'utilisant par ailleurs comme fournisseur mais en modifiant ses mouvements. À noter que dès sa sortie le Multichrono était muni d'un système antichoc.

1942

Le plus célèbre des chronographes Mido, le Multicenterchrono, est sorti en 1942. Il doit sa particularité à son compteur de minute central et à l'absence de petite seconde : le cadran est ainsi similaire à celui d'une montre ordinaire, hormis les échelles métriques en périphérie. La boîte, provenant du célèbre fabricant Taubert, successeur de Borgel à Genève, était bien sûr étanche.

Ici encore le calibre ne provenait pas d'Ébauches SA mais de Valjoux[19]. Il était modifié pour avoir le compteur de minutes au centre, et portait le nom de Mido 1300.

Comme le Multichrono, le Multicenterchrono a existé avec de multiples variantes de cadran, de différentes couleurs, et avec différentes échelles métriques. Le Multicenterchrono a été produit pendant une dizaine d'années et n'a pas eu vraiment de successeur : il faudra attendre 1974 et la mise à disposition du chronographe automatique Valjoux 7750 pour que de nouveaux modèles de chronographes apparaissent dans les gammes Mido.

[16] Journal Suisse d'Horlogerie, 1936, 3, p. 33

[17] Journal Suisse d'Horlogerie (Genève), 1939, 7, hors texte

[18] Journal Suisse d’Horlogerie, 1970,

[19] Valjoux n’a rejoint le trust Ébauches SA qu’en 1944.

Notes : 

Concernant Time To Tell : Time To Tell dispose de l’une des plus grandes bases de données privées numérisées sur l’histoire de l’horlogerie suisse avec plus de 2,3 To de données sur plus de 1000 fabricants de montres suisses. Cette base a été construite sur une période d’une trentaine d’années et continue à être alimentée d’environ 50 à 100 Go de données chaque année. Cette base de données est constituée de documents anciens, en majorité des revues professionnelles suisses, allant de la fin du 19e siècle à la fin du 20e siècle. La plupart de ces documents ne sont pas disponibles sur l’Internet. Les articles historiques publiés sur le site time2tell.com citent toujours les sources utilisées.

Time To Tell est une société privée, indépendante de tout fabricant d’horlogerie.

©Time To Tell, 2025

Reproduction interdite sans autorisation. Toute utilisation de cet article par une intelligence artificielle est strictement interdite et sera considérée comme une atteinte aux droits d'auteur.

Détails du produit

Product added to wishlist

Nous utilisons des cookies afin de fournir une expérience utilisateur conviviale. En naviguant sur ce site, vous acceptez la politique d'utilisation des cookies.