La véritable histoire des montres Teriam

La véritable histoire des montres Teriam

Teriam

Teriam est une entreprise originale dans l’histoire des fabricants d’horlogerie suisses. Elle a produit des millions de montres, mais assez peu sous son nom car elle fournissait surtout d’autres entreprises en montres et mouvements, y compris Ébauches SA. Elle a disparu avec la crise du quartz.

Description

Joël Pynson

Décembre 2025

1. Création à La Chaux-de-Fonds

Jean Hunsperger a créé son entreprise à La Chaux-de-Fonds en 1933, mais ne l’a inscrite au registre du commerce qu’en 1936 [1].

Les débuts sont modestes, avec 3 ouvriers, mais l’entreprise progresse rapidement et compte déjà 15 employés en 1937 [2].

La marque Teriam est déposée en 1940.

En 1943, Jean Hunsperger s’associe avec Louis Bourquin et la société devient Hunsperger & Cie [3].

1947

En 1950, il y a 45 employés pour une production de près de 200 000 montres, principalement destinées au marché Italien [4].

A partir des années 1950, tout en produisant des montres sous la marque Teriam, la fabrique va s’orienter de plus en plus vers le private label en fournissant des montres aux distributeurs et aux grossistes. Fait assez rare, elle va également remonter des mouvements pour Ébauches SA. [4].

En 1954, la société devient Hunsperger et Cie, Montres Teriam et le fils de Jean, André Hunsperger, entre dans l’entreprise [5].

2. Montres Teriam

Les gammes de montres Teriam sont nombreuses et suivent la mise à disposition par Ébauches SA des différents calibres : homme, dame, automatiques, réveil, etc.

1958

1958

1959

1959

1960

1960

1962

Deux modèles Teriam créés à cette époque ont un intérêt particulier :

- la « montre qui vit »

Cette montre, lancée en 1959, comporte un disque mobile en périphérie du cadran qui tourne comme l’aiguille des secondes, faisant jouer la lumière sur des petites perles transparentes.

Elle est typique de la vogue des montres avec des effets optiques, qui ont suivi le lancement du modèle Cocktail d’Ernest Borel en 1953.

La « montre qui vit » a existé en version « mystérieuse » avec des disques transparents pour remplacer les aiguilles des heures et des minutes.

- Jump

C’est une jolie montre de plongée, lancée en 1960, que Teriam avait fait tester non pas par des plongeurs mais par des parachutistes français.

En 1969, la société devient Montres Teriam SA [6].

En 1970, Teriam inaugure de nouveaux locaux modernes à La Chaux-de-Fonds. Il y a désormais des chaines d’assemblage pouvant produire un million de montres par an. La fabrique occupe alors 145 personnes.

Avec la forte concurrence des montres économiques Roskopf, André Hunsperger rejoint en 1971 l’UMES, union pour des montres ancre économiques, à Neuchâtel [7].

En 1980 Teriam produit plus de 4,2 millions de montres et mouvements. Ce sera l’apogée de l’entreprise. Même si en 1982, 15% des calibres utilisés sont à quartz, difficile de lutter contre les calibres quartz bon marché venus d’Asie. De plus, en 1986 ETA supprime les deux calibres qui étaient produits par Teriam, ce qui conduit au licenciement de 26 employés [8].

L’année d’après Teriam doit fermer un atelier et se séparer de 8 employés supplémentaires [9].

Jean Hunsperger décède en 1989, et la société qu’il a créée disparait 4 ans plus tard [10].

 

[1] FOSC 1936

[2] La Suisse Horlogère, édition hebdomadaire, 1970, 9, p. 304

[3] FOSC 1943

[4] La Suisse Horlogère, 1982, 4, pp. 36-37

[5] FOSC 1954

[6] FOSC 1969

[7] FOSC 1971

|8] La Fédération Horlogère, 1986, 16, p. 14

[9] La Fédération Horlogère, 1987, 10, p. 15

[10] FOSC 1993

Le FOSC (Feuille Officielle Suisse du Commerce) est disponible sur E-periodica

Notes :

Concernant Time To Tell : Time To Tell dispose de l'une des plus grandes bases de données privées numérisées sur l'histoire de l'horlogerie suisse avec plus de 2,5 To de données sur plus de 1000 fabricants de montres suisses. Cette base a été construite sur une période d'une trentaine d'années et continue à être alimentée d'environ 50 à 100 Go de données chaque année. Cette base de données est constituée de documents anciens, en majorité des revues professionnelles suisses, allant de la fin du 19e siècle à la fin du 20e siècle. La plupart de ces documents ne sont pas disponibles sur l'Internet. Les articles historiques publiés sur le site time2tell.com citent toujours les sources utilisées.

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