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La véritable histoire de Century Time et des montres sous vide

La véritable histoire de Century Time et des montres sous vide

Century

Brevetées par Hans-Ulrich Klingenberg, les montres sous vide ont été commercialisées par plusieurs fabricants suisses à partir des années 1960. Klingenberg a aussi créé la société Century Time qui existe toujours aujourd’hui.

Description

Joël Pynson

Novembre 2025

1. Les débuts chez Glycine

L’histoire des montres-bracelets sous vide a commencé au début des années 1950, à Bienne, au sein de la fabrique Glycine : pour protéger les mouvements envoyés dans tous les pays du globe, ils étaient placés dans une petite boîte dans la quelle on faisait le vide grâce à une simple aiguille. Cela permettait de conserver les mouvements dans des conditions optimales, même après de longs mois stockés dans des conditions parfois difficiles, puisqu’il n’y avait plus d’humidité dans la boîte. D’où l’idée qu’une montre pouvait aussi bénéficier de ce traitement [1].

Les premières montres automatiques Glycine Vacuum furent lancées en 1960. Elles avaient une boîte monobloc et un verre minéral, plus étanche qu’un verre acrylique. C’est la dépression importante créée à l’intérieur de la boîte qui maintenait le verre en place, même si la lunette débordait un peu sur celle-ci au cas où la dépression ne soit pas maintenue.

Les avantages étaient nombreux : pas d’humidité dans la boîte, pas de poussières, donc pas d’oxydation des pièces et des huiles, plus grande régularité de marche, et une étanchéité équivalente à 250 mètres de profondeur.

Du fait du vide, le réglage de la montre devait être adapté, car le balancier tournait plus vite. C’était d’ailleurs un témoin en cas de perte du vide dans la boîte : la montre se mettait à retarder d’environ 15 secondes par jour.

Joseph Manton vacuo chronometer - Credit : tobiasbirch.com

Le principe du vide dans un mouvement d’horlogerie état déjà connu : Joseph Manton, à Londres, avait déjà déposé à ce sujet un brevet en 1807, et avait fabriqué des « in vacuo chronometers » qui avaient été testés à l’Observatoire de Greenwich [3]. Mais grâce aux techniques plus modernes, il était possible d’envisager de breveter une amélioration du procédé, ce qui a été fait en 1959.

Curieusement, le brevet [2] concernant les boîtiers sous vide était d’Hans-Ulrich Klingenberg, responsable des ventes pour les USA et l’Asie chez Glycine & Altus [4], et non pas de la fabrique Glycine elle-même. Ceci explique sans doute que d’autres fabriques, comme Jaquet-Girard ou Marvin [5], aient, elles aussi, lancés des montres sous vide, et que quelques années plus tard, Hans-Ulrich Klingenberg ait décidé de se lancer dans la fabrication de montres.

2. De Vacuum Chronometer à Century Time

Hans-Ulrich Klingenberg a créé la société Vacuum Chronometer à Bienne en 1966 [6]. La même année il dépose le logo de la marque, représenté par deux hémisphères, en hommage aux hémisphères de Magdebourg qui avaient permis de démontrer l’existence du vide au 17e siècle [7].

En 1967 il dépose la marque Century et créé la société Chronotech pour la commercialisation des montres de sa conception [8].

1972

1975

Credit : antiquorum

Les premières montres sous vide Vacuum Chronometer sont faciles à reconnaitre : le boîtier est en corindon synthétique, très résistant, le verre est en saphir, la couronne facettée, est caractéristique, et deux petits cavaliers à midi et à 6h, prennent légèrement appui sur le verre : leur rôle est de maintenir le verre en place dans le cas où le vide à l’intérieur du boîtier disparaitrait.

Les montres sont aussi produites en private label pour d’autres marques comme Waltham, Glycine ou Longines.

En 1975, Hans-Ulrick Klingenberg créé la société Century Time à Bienne et c’est désormais uniquement la marque Century qui apparait sur les cadrans.

1977

1977

Les montres sont de plus en plus luxueuses, en métaux précieux, et l’entreprise se spécialise dans les matériaux extrêmement résistants aux rayures, comme le carbure de bore, de nombreux brevets étant déposés à ce sujet [10].

En 1984 Century Time présente une montre faite d’un seul bloc de saphir [9], et en 1987 Century Time créé pour le fabricant d’optique Leica une montre en platine et saphir [11]

Le design très original des montres Century Time est rapidement copié par des fabricants asiatiques, ce qui a entrainé une retentissante affaire durant la Foire de Bâle en 1991 : saisie par l’entreprise, la Commission d’Arbitrage de la Foire de Bâle a fait retirer des copies de ces montres de 5 entreprises accusées de contrefaçon [12].

1999

En 1995, Century Time, devenu Century Time Gems, déménage à Nidau et Philip Klingenberg, fils d’Hans Ulrich, devient directeur [13]. La production s’oriente vers des montres de plus en plus luxueuses, avec des boîtes en saphir taillé, serties de diamant.

Cette production se poursuit aujourd’hui : https://century.ch/

 

[1] Journal Suisse d’Horlogerie, 1961, 1, p. 90-91

[2] CH 355 742

[3] https://www.tobiasbirch.com/antique-clock/antique-clocks/marine-chronometer-exhibition

[4] Europa Star Asia, 1959, 4, p. 25

[5] Joël Pynson, La montre-bracelet Suisse, Éditions Time To Tell, 2024, pp. 322-323

[6] FOSC 1966

[7] https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9misph%C3%A8res_de_Magdebourg

[8] FOSC 1967

[9] Europa Star Europe, 1984, 3, p. 22

[10] Par exemple CH 532 125 et GB 1 282 009

[11] Europa Star Europe, 1987, 6, p. 19

[12] Europa Star Europe, 1991, 3, p. 34

[13] FOSC 1993

Le FOSC (Feuille Officielle Suisse du Commerce) est disponible sur E-periodica

Notes :

Concernant Time To Tell : Time To Tell dispose de l'une des plus grandes bases de données privées numérisées sur l'histoire de l'horlogerie suisse avec plus de 2,5 To de données sur plus de 1000 fabricants de montres suisses. Cette base a été construite sur une période d'une trentaine d'années et continue à être alimentée d'environ 50 à 100 Go de données chaque année. Cette base de données est constituée de documents anciens, en majorité des revues professionnelles suisses, allant de la fin du 19e siècle à la fin du 20e siècle. La plupart de ces documents ne sont pas disponibles sur l'Internet. Les articles historiques publiés sur le site time2tell.com citent toujours les sources utilisées.

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