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La véritable histoire des montres Era

La véritable histoire des montres Era

Era

Le comptoir créé par Christian Ruefly-Flury en 1884 a donné naissance à deux marques réputées : Era et Edox. Ces marques se sont succédées, et dans l’ordre chronologique c’est Era qui est apparue en premier.

Description

Joel Pynson

Janvier 2026

1. Création à Bienne

Christian Ruefly-Flury (ou Ruefli-Flury), a créé un comptoir à Bienne en 1884 [1]. Il se spécialise dans la montre de dame, comme beaucoup de fabricants de montres à Bienne à cette époque.

1893

1910

La marque Era est déposée en 1909, et la même année Christian Ruefly-Flury s’associe à Robert Kaufmann, qui travaillait déjà dans l’entreprise, et la société devient C. Ruefli-Flury & Cie [2].

Dés 1912, la fabrique produit des montres-bracelets pour dame.

En 1916, la société ajoute Era Watch à son nom [3].

1912

1913

1913

1917

Après le décès de Christian Ruefly-Flury en 1921, Robert Kaufmann reprend l’entreprise en 1922 [4]. C’est probablement à cette même période qu’Era Watch va commencer à fabriquer ses propres mouvements, devenant ainsi une manufacture. En 1924 la mention Montres Viso est ajoutée au nom de la société.

1922

1929

1926

1927

En 1929, la société devient une SA, et Montres Viso une société indépendante [5].

Malgré les difficultés économiques des années 1930, Era Watch est particulièrement active et sort des montres remarquables, comme le modèle étanche Amphibia en 1931, et l’une des premières montres avec date par guichet en 1932.

1931

1931

1932

1933

En 1933, Eduard Rothenbüler devient directeur, et Victor Flury, neveu de Robert Kaufmann, entre au conseil d’administration. Il deviendra à son tour directeur en 1949.

Les modèles se succèdent et se diversifient : montres étanches, montres rectangulaires, chronographes, etc.

1936

1937

1937

1939

1939

1941

1943

1945

À la suite de la création d’Ébauches SA, Era Watch cède sa fabrication de mouvements au trust et redevient donc un établisseur.

En 1955, Era Watch inaugure de nouveaux locaux à Bienne. De nouveaux modèles sont lancés, très classiques, jusqu’en 1959 : c’est en effet à partir de cette date que la marque Era disparait, au profit de la marque Edox, déposée par l’entreprise en 1928.

1956

1958

La société conserve le nom Era Watch, y compris après le décès de Robert Kaufmann en 1965. C’est alors Victor Flury qui devient président du conseil d’administration [6].

Un évènement important a lieu en 1971 : Era Watch rejoint le groupe General Watch Holding [7].

2. Era Watch et la General Watch

Après la fin du statut horloger qui protégeait les fabricants suisses, l’ASUAG a favorisé le regroupement d’entreprises pour rationaliser la production et s’armer contre la concurrence étrangère.

C’est ainsi qu’a été créé à Bienne la General Watch Holding qui regroupait à sa création en 1971 sept fabriques : Certina, Era, Eterna, Mido, Oris, Rado et Technos. Cette holding regroupait environ 3500 personnes, et représentait 10% des montres fabriquées en Suisse.

1971

Les débuts d’Era Watch au sein de la holding sont favorables : l’entreprise, qui compte désormais 350 personnes, inaugure de nouveaux bâtiments à Bienne en 1971 et sort de nombreux modèles, toujours sous la marque Edox [8].

Mais avec l’apparition des premières montres à quartz, les difficultés commencent. En 1977, l’ASUAG regroupe Era Watch et Technos sous la même entité [9]. En 1981, Certina est regroupé avec Era et Technos, la production des montres se situant à Granges et l’administration à Bienne [10].

La situation économique devenant de plus en plus préoccupante, l’ASUAG se sépare en 1983 de Technos et d’Era Watch [11].

Era Watch est alors reprise par une nouvelle société qui va en assurer la relève : Montres Edox à Bienne.

 

Voir aussi : Edox

[1] FOSC 1884

[2] FOSC 1909

[3] FOSC 1916

[4] FOSC 1922

[5] FOSC 1929

[6] FOSC 1965

[7] Journal Suisse d’Horlogerie, 1971, 2, p. 138

[8] La Suisse Horlogère, édition hebdomadaire, 1971, 6, p. 212

[9] La Suisse Horlogère, édition hebdomadaire, 1977, 40, p. 949

[10] La Suisse Horlogère, édition hebdomadaire, 1981, 19, p. 13

[11] Revue de la Fédération Horlogère, 1983, 17, p. 13

Le FOSC (Feuille Officielle Suisse du Commerce) est disponible sur E-periodica

Notes :

Concernant Time To Tell : Time To Tell dispose de l'une des plus grandes bases de données privées numérisées sur l'histoire de l'horlogerie suisse avec plus de 2,5 To de données sur plus de 1000 fabricants de montres suisses. Cette base a été construite sur une période d'une trentaine d'années et continue à être alimentée d'environ 50 à 100 Go de données chaque année. Cette base de données est constituée de documents anciens, en majorité des revues professionnelles suisses, allant de la fin du 19e siècle à la fin du 20e siècle. La plupart de ces documents ne sont pas disponibles sur l'Internet. Les articles historiques publiés sur le site time2tell.com citent toujours les sources utilisées.

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