On parle parfois de « Landeron 185 » pour ces calibres [1}. Problème, le Landeron 185 est lui équipé de poussoirs classiques. Une analyse des documentations d’époque s’impose donc pour caractériser ces jolis chronographes avec plus de précision.
Quelques rares tentatives ont été faites dans les années 1930, mais c’est au début des années 1940 que sont apparus les premiers chronographes dotés de fonctions calendaires : Angélus et son Chronodato en 1942, Universal avec le rare Dato-Compax en 1942 et surtout le Tri-Compax en 1943. Ces entreprises étaient des manufactures et ne dépendaient donc pas d’Ebauches SA pour leurs mouvements.
Devant le succès rencontrés par ces chronographes, on imagine que les établisseurs, nom donné aux entreprises comme Breitling, Heuer, Doxa, Le Phare, Léonidas, Record, et bien d’autres, qui ne fabriquaient par leurs mouvements, ont dû faire pression sur Ebauches SA pour obtenir des calibres chronographe-calendrier. La réponse fut tardive mais massive. Le premier calibre chronographe avec calendrier proposé par Ebauches SA fut le Valjoux 72C en 1946, suivi du 88 l’année d’après. Mais dès 1948 les deux autres fabricants d’ébauches chronographe du trust, Vénus et Landeron, ne proposèrent pas moins de 13 nouveaux calibres avec calendrier et 10 de plus en 1950 [2}! De très nombreuses combinaisons étaient disponibles : date, jour, mois, phases de lune, date par aiguille centrale, date par aiguille à midi ou à 6h…
Chez Vénus on pouvait même demander une rattrapante additionnelle, et chez Landeron une façon originale de régler les fonctions calendaires : un mécanisme géré par une lunette tournante, ce qui faisait disparaître les petits poussoirs disgracieux à la périphérie de la boîte.
5 calibres Landeron sont équipés de ce réglage par lunette tournante : les 58 et 59, lancés en 1948, et les 10, 56 et 57, lancés en 1950.