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Les chronographes calendrier avec réglage par la lunette

Les chronographes calendrier avec réglage par la lunette

Parmi les nombreux calibres chronographe-calendrier proposés par Ebauches SA dans les années 1950, un petit nombre disposait d’un réglage très particulier des fonctions calendaires : les poussoirs de réglage sont remplacés par un système actionné par une lunette tournante.

Description

Joël Pynson et Sébastien Chaulmontet

Première publication : septembre 2016

Mise à jour : mars 2026

Un petit détail permet de reconnaître ces chronographes : la lunette, discrète car elle ne dépasse en général que légèrement de la boîte, possède un crantage en périphérie pour faciliter la préhension et le réglage.

On parle parfois de « Landeron 185 » pour ces calibres [1}. Problème, le Landeron 185 est lui équipé de poussoirs classiques. Une analyse des documentations d’époque s’impose donc pour caractériser ces jolis chronographes avec plus de précision.

Quelques rares tentatives ont été faites dans les années 1930, mais c’est au début des années 1940 que sont apparus les premiers chronographes dotés de fonctions calendaires : Angélus et son Chronodato en 1942, Universal avec le rare Dato-Compax en 1942 et surtout le Tri-Compax en 1943. Ces entreprises étaient des manufactures et ne dépendaient donc pas d’Ebauches SA pour leurs mouvements.

Devant le succès rencontrés par ces chronographes, on imagine que les établisseurs, nom donné aux entreprises comme Breitling, Heuer, Doxa, Le Phare, Léonidas, Record, et bien d’autres, qui ne fabriquaient par leurs mouvements, ont dû faire pression sur Ebauches SA pour obtenir des calibres chronographe-calendrier. La réponse fut tardive mais massive. Le premier calibre chronographe avec calendrier proposé par Ebauches SA fut le Valjoux 72C en 1946, suivi du 88 l’année d’après. Mais dès 1948 les deux autres fabricants d’ébauches chronographe du trust, Vénus et Landeron, ne proposèrent pas moins de 13 nouveaux calibres avec calendrier et 10 de plus en 1950 [2}! De très nombreuses combinaisons étaient disponibles : date, jour, mois, phases de lune, date par aiguille centrale, date par aiguille à midi ou à 6h…

Chez Vénus on pouvait même demander une rattrapante additionnelle, et chez Landeron une façon originale de régler les fonctions calendaires : un mécanisme géré par une lunette tournante, ce qui faisait disparaître les petits poussoirs disgracieux à la périphérie de la boîte.

5 calibres Landeron sont équipés de ce réglage par lunette tournante : les 58 et 59, lancés en 1948, et les 10, 56 et 57, lancés en 1950.

Calibre Landeron 57

Les caractéristiques communes de ces calibres sont les suivantes : date par aiguille à 6h, jour et mois par guichet à midi. Aucun de ces calibres n’est doté des phases de la lune, ni de rattrapante.

Calibre Landeron 56

Les calibres 58 et 59 ont un diamètre de 13 lignes ¾, soit 31mm, les 56 et 57 font 14 lignes, soit 31,8 mm, et enfin le calibre 10 est plus petit (13 lignes, soit 29,25mm), et surtout, c’est le seul à être équipé d’une roue à colonnes.

Calibre Landeron 10

Ce qui les différencie en fait c’est le calibre de base sur lequel est placé le mécanisme de calendrier avec son réglage si particulier :

- 58 : calibre de base Landeron 48 sans roue à colonnes

- 59 : calibre de base Landeron 51 sans roue à colonnes

- 10 : calibre de base Landeron 11 avec roue à colonnes

- 56 : calibre de base Landeron 54 sans roue à colonnes

- 57 : calibre de base Landeron 55 sans roue à colonnes

Une vue du mécanisme de calendrier sous le cadran permet de voir comment fonctionnent les poussoirs (schéma de gauche) et la lunette tournante (schéma de droite). A gauche les correcteurs agissent par translation sur les étoiles de quantième, de jour et de mois. A droite les correcteurs ont un axe de rotation et ils sont entrainés par la lunette lorsque celle-ci est mise en rotation.

La production de ces calibres a été très courte : environ 5 ans. Ils ont été annoncés par Ebauches SA comme n’étant plus fabriqué en 1955 [3]. De ce fait les chronographes qui en sont équipés sont assez rares, et d’ailleurs peu d’entreprises les ont utilisés : citons Boma et Titus. Boma était la marque de la fabrique Georges Weill à La Chaux-de-Fonds. Titus était la deuxième marque de Solvil, société qui avait repris dans les années 1920 l’activité du célèbre fabricant de chronomètres Paul Ditisheim. On peut aussi les trouver avec des cadrans anonymes, ou portant le terme générique « Chronographe Suisse ».

 

L’avis de l’expert

Ces chronographes techniquement intéressants, ne sont pas faciles à trouver, surtout si on recherche une pièce en bon état. Ces calibres n’étaient pas destinés à des montres de prix élevés, on les trouve souvent sur des chronographes en plaqué or, non étanche, avec des cadrans qui ont souvent mal vieilli. On doit se méfier également des montages hasardeux et se rappeler par exemple que la présence des phases de lune est fortement suspecte. S’il faut ne retenir de cette série de calibres qu’un seul mouvement, ce sera bien sûr le Landeron 10 avec sa roue à colonnes. Mais c’est un oiseau rare…

 

[1] Par exemple : http://forum.chronomania.net/mix_entry.php?id=63630#p63630 https://chronographes.net/2016/02/16/titus-cal-landeron-185-tournez-lunette/ http://cda.chronomania.net/forum_entry.php?id=143282

[2} Voir les catalogues édités par Ébauches SA en 1949 et 1950

[3] Catalogue Ébauches SA 1955

Notes :

Concernant Time To Tell : Time To Tell dispose de l'une des plus grandes bases de données privées numérisées sur l'histoire de l'horlogerie suisse avec plus de 2,5 To de données sur plus de 1000 fabricants de montres suisses. Cette base a été construite sur une période d'une trentaine d'années et continue à être alimentée d'environ 50 à 100 Go de données chaque année. Cette base de données est constituée de documents anciens, en majorité des revues professionnelles suisses, allant de la fin du 19e siècle à la fin du 20e siècle. La plupart de ces documents ne sont pas disponibles sur l'Internet. Les articles historiques publiés sur le site time2tell.com citent toujours les sources utilisées.

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