La véritable histoire des chronographes Guinand

La véritable histoire des chronographes Guinand

Guinand

Guinand a d’abord été une manufacture de compteurs et de chronographes de poche d’excellente qualité. Avec l’arrivée des chronographes-bracelets, Guinand a utilisé des calibres Ébauches SA, mais la production de chronographes s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui.

Description

Joël Pynson

Mai 2025

1. De Guinand frères à Guinand Watch

Selon l’histoire officielle, la fabrique d’horlogerie Guinand frères a été créé au Brenets, près du Locle, en 1865.

Lorsqu’il inscrit son entreprise à la Feuille officielle suisse du commerce en 1883, Charles Léon Guinand est seul dans l’entreprise [1].

Léon Guinand se spécialise dans les compteurs et chronographes, et dépose un brevet sur un mécanisme de chronographe en 1891 [2]. Les calibres sont fabriqués par la fabrique, qui est donc une manufacture au sens horloger du terme.

1890

En 1892, la société change de nom pour devenir simplement Léon Guinand [3].

En 1900, Léon Guinand dépose un brevet sur un chronographe dont l’aiguille des secondes fait un tour en 3 minutes ou plus, afin de faciliter les mesures des petites vitesses [4]. Ces chronographes portent le nom Le Chauffeur.

Les chronographes de la manufacture sont exportés aux Etats-Unis où on peut les trouver sous le nom C. Léon Guinand, mais aussi National Park. Cette marque appartenait à la maison Gallet & Co., il est donc probable que Léon Guinand était un fournisseur de chronographes pour Gallet.

Léon Guinand décède en 1908 et c’est sa veuve, Olga Guinand qui prend la suite, sous le nom Vve de Léon Guinand [5]. En 1912, c’est le fils de Léon Guinand, Georges-Henri qui prend la relève sous le nom Georges-Hri. Guinand [6].

De très beaux modèles de chronographes sont déposés en 1913.

En 1920, Guinand récupère le nom National Park et sa société devient Fabrique d’horlogerie National Park [7].

La production de chronographes et de compteurs se poursuit, et les chronographes de la manufacture sont utilisés pour les compétitions sportives par l’Automobile Club de France, par le Reale Automobile Club d’Italia, et différents gouvernements pour leurs armées. En 1933, plus de 130 000 chronographes Guinand sont en usage dans le monde entier [8].

c. 1930

La production de chronographes-bracelets commence au début des années 1930. Ce ne sont plus des calibres manufactures mais des mouvements Ébauches SA.

1938

1941

En 1945, la société devient Guinand Watch SA. Elle est désormais dirigée par 3 membres de la famille Guinand : Georges-Henri, Georges-Léon et John-Albin [9].

2. Guinand Watch

Georges-Henri décède en 1946. L’entreprise poursuit la fabrication de chronographes-bracelets, simple, avec compteur d’heures, avec calendrier, etc.

1950

1957

Guinand fournit de nombreuses entreprises, en particulier Sinn en Allemagne.

En 1964, Michel Guinand entre dans l’entreprise familiale. En 1973, Georges-Léon, qui avait été maire des Brenets et membre du Grand Conseil Neuchâtelois, décède. Même si les chronographes mécaniques sont de moins en moins demandés, l’entreprise continue à en fabriquer, y compris de beaux chronographes pour les compétitions sportives.

1972

1976

En 1977, Guinand Watch Co. absorbe Gallet et Co., l’ensemble devenant Gallet & Guinand SA, avec Jean Guinand en tant que président, et Lucienne Gallet, Léon Gallet et Michel Guinand en tant qu’actionnaires [10].

En 1981, Michel Guinand créé sa propre société, à son nom [11].

Gallet & Guinand fait faillite en 1985 [12].

En 1995, la société Michel Guinand est reprise par Helmut Sinn Junior, fabricant allemand de chronographes, et la société devient Montres Guinand SA [13].

En 1999, le siège de la société est transféré à Lengnau.

L’entreprise existe toujours aujourd’hui, mais elle est basée en Allemagne : Guinand Uhren

 

Voir aussi Gallet

[1] FOSC 1883

[2] Brevet CH 3 360

[3] FOSC 1892

[4] Brevet CH 21 709

[5] FOSC 1908

[6] FOSC 1912

[7] FOSC 1920

[8] La Fédération Horlogère, 1933, 35, p. 299

[9] FOSC 1945

[10] FOSC 1977

[11] FOSC 1981

[12] FOSC 1985

[13] FOSC 1995

Le FOSC (Feuille Officielle Suisse du Commerce) est disponible sur E-periodica

Notes :

Concernant Time To Tell :

Time To Tell dispose de l'une des plus grandes bases de données privées numérisées sur l'histoire de l'horlogerie suisse avec plus de 2,3 To de données sur plus de 1000 fabricants de montres suisses. Cette base a été construite sur une période d'une trentaine d'années et continue à être alimentée d'environ 50 à 100 Go de données chaque année. Cette base de données est constituée de documents anciens, en majorité des revues professionnelles suisses, allant de la fin du 19e siècle à la fin du 20e siècle. La plupart de ces documents ne sont pas disponibles sur l'Internet. Les articles historiques publiés sur le site time2tell.com citent toujours les sources utilisées.

Time To Tell est une société privée, indépendante de tout fabricant d'horlogerie.

©Time To Tell, 2025

Reproduction interdite sans autorisation.

Toute utilisation de cet article par une intelligence artificielle est strictement interdite et sera considérée comme une atteinte aux droits d’auteur.

Détails du produit

Product added to wishlist

Nous utilisons des cookies afin de fournir une expérience utilisateur conviviale. En naviguant sur ce site, vous acceptez la politique d'utilisation des cookies.