À la fin de la deuxième guerre mondiale, le chronographe perd progressivement son aura, remplacé par la montre calendrier et la montre automatique. Et il faudra attendre une dizaine d'années avant que de nouveaux calibres chronographes sans compteur apparaissent et que certaines sociétés s'y intéressent à nouveau. Ce sera le cas en 1956 de Phenix.
Les origines de Phenix remontent à 1878 lorsque Dubail, Monnin et Frossard créent leur entreprise à Porrentruy. En 1899 elle prendra le nom de Société Horlogère de Porrentruy puis, en 1918, devient la Phenix Watch Co. SA. C'est une Manufacture, spécialisée dans la montre ancre avec en particulier dans les années 1940 des mouvements 10,5 et 11,5 lignes, biseautés, avec seconde au centre.
En 1954, Phenix s'était illustré avec un mouvement automatique dont le rotor pivotait sur un palier à rouleaux : le Rollamatic. Et deux ans plus tard Phenix sort une montre surprenante, baptisée Chronostop, dont rien ne laisse présumer qu'il s'agit d'un chronographe.
Cette montre n'a en effet ni compteur, ni poussoir. Les fonctions de commande de l'aiguille centrale se font en effet à partir de la couronne, formule d'ailleurs inaugurée avec un chronographe compteur sans poussoir de la Nicolet Watch en 1955. Mais là où Nicolet s'était basé sur un calibre Landeron, Phenix va créer son propre mouvement, calibre Phenix 132 de 10,5 lignes qui réussit le tour de force d'avoir des fonctions chronographiques complètes sans roue à colonne : en tirant la couronne jusqu'au premier arrêt l'aiguille des secondes s'arrête, au deuxième arrêt l'aiguille revient à zéro et en repoussant la couronne dans sa position initiale l'aiguille des secondes reprend sa marche.